Bébé prématuré

Aujourd’hui c’est la journée mondiale de la prématurité. C’est un sujet qui me touche profondément, Loulou étant né à 33SA.

En France, 1 bébé sur 10 né prématuré. C’est-à-dire avant 37 semaines d’aménorrhée, soit 35 semaines de grossesse. On distingue trois type de prématuré : prématurité moyenne (de 33 SA à 36 SA+ 6 jours), grande prématurité (28 à 32 SA + 6 jours) et très grande prématurité (avant 28 SA).

La naissance 

Tout a commencé un matin où j’ai perdu la poche des eaux. Grosse angoisse, bébé ne doit naître que dans 2 mois! Aux urgences, on m’a rassuré. Mon col n’avait pas bougé et que je n’avais pas de contractions, le travail n’avait pas commencé. Ils allaient me garder en néonat et me donner un traitement pour éviter les infections et pour les poumons de mon fils (car à ce terme ils ne sont pas assez matures). Une fois dans ma chambre au calme le stress du début s’est atténuée. Je me sens mieux. Mais quelques heures plus tard, le travail a commencé. Après une tentative échouée de le ralentir (histoire de gagner 24h et que le traitement pour les poumons soit efficace), Loulou est né. 5 secondes sur mon torse et on me l’enlève déjà. Première déchirure. Il part avec la sage-femme et le pédiatre vérifier que tout va bien. Une dizaine de minutes plus tard (ou moins, je ne sais pas mais cela m’a parut interminable), ils reviennent avec Loulou dans une couveuse. Il va très bien et est transféré en néonat. Je pourrais aller le voir une fois sorti de la salle de travail. Soulagement. Durant 2 longues heures interminables je me languissais de voir mon bébé. Mais malheureusement, arrivée en néonat, mauvaise nouvelle. Loulou a fait une insuffisance respiratoire et doit être transféré en réa néonat. La maternité n’ayant pas de service de réa, il va être transféré dans un autre hôpital. Deuxième déchirure. Une heure plus tard il est parti dans un hôpital à 15 minutes de là. Papa l’a suivi. Cet être faible qui doit déjà se battre à peine arrivé dans ce monde. Il était hors de question de le laisser seul.

L’hospitalisation

Fatiguée je n’arrivais pas à dormir. Je pensai à toutes ces mamans qui ont la chance de garder leur enfant contre elle à la naissance, qui l’ont à proximité dans leur chambre. Moi j’étais seule, mon bébé dans un autre hôpital avec son papa. Troisième déchirure. D’ailleurs, pas de nouvelles depuis des heures, je m’inquiète. Bébé est-il toujours parmi nous ? Puis tout à coup, mon téléphone sonne. Une photo de Loulou envoyée par papa. Il avait l’air si paisible. NNER8591

Je suis restée à la maternité durant 3 jours, avec des « permissions » pour sortir la journée et aller voir mon bébé. La première fois je n’ai pas arrêté de pleurer. Le pédiatre m’a rassuré en me disant qu’il ne s’agissait qu’une question de temps, qu’il allait prendre des forces et respirer tout seul. Et pourtant la peur restait là au fond de moi. Le surlendemain j’ai enfin pu le prendre dans mes bras avec les fils qui le relie à sa couveuse, le bruit des machines en fond sonore, crispé par peur de faire un mauvais geste. Peut être d’ailleurs que nous vivons cet instant plus intensément. FBFB1262

Pendant 10 jours je restais à côté de lui, à lui parler, lui chanter des chansons. Je ne le quittais que la nuit pour dormir à la maison. En réa il n’y a pas de lit pour les parents, mais nous pouvons venir 24h/24h. La première fois que je suis arrivée j’ai été frappé par le silence dans le service. Seuls les bruits des sondes, scopes,  bips viennent troubler ce calme. C’est d’ailleurs impressionnant de voir son enfant pleurer sans émettre de son à cause du tuyau dans sa gorge. Puis il y a les écrans que nous ne lâchons pas des yeux… Au bout d’une semaine Loulou est parti en soin intensif 2 jours, puis a été transféré en pédiatrie néonatale. Ouf, fini la couveuse, enfin un vrai lit, des vêtements… Un premier pas vers le retour à la maison.

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Comme en réa nous pouvons venir 24h/24h, avec un lit pour les parents si on souhaitait rester y passer la nuit. Loulou respirait tout seul, savait réguler sa température, restait le soucis de la sonde gastrique. Loulou l’arrachait quasiment tous les jours. Je ne supportais plus de voir les infirmières la lui remettre, en passant par son nez. J’ai convaincu le médecin de ne plus lui remettre. Nous avons donc commencé à le nourrir au biberon. Téter l’épuisait, le nourrir mettait pratiquement 1h, et encore si il ne s’endormait pas! Cela a pris 3 semaines avant qu’il arrive à boire son biberon presque entier et qu’il soit envisagé de sortir de l’hôpital. Quelle frustration de se dire qu’on restait uniquement parce qu’il n’arrivait pas à manger !

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Le retour à la maison

Au bout d’un mois nous avons pu ramener bébé à la maison. Ce jour-là restera à jamais gravé dans ma mémoire. Partage de joie et d’angoisse. Joie d’enfin pouvoir commencer sa vie de famille, à la maison. Angoisse qu’un problème surgisse, qu’on doivent retourner à l’hôpital, qu’il ne respire plus et qu’on ne s’en rende pas compte (car il n’y a plus de machine qui le surveille). Les premiers jours nous nous sommes relayés pour ne pas dormir en même temps, au cas où!

Gravé à jamais…

À chaque fois que je parle de la naissance de Loulou un trop plein d’émotions m’envahie. Mon fils est prématuré et les premiers instants avec mon bébé ont été affreux. Ils n’étaient pas joie et douceur, mais tendues et incertains. Arriver à la maternité, accoucher alors que ce n’était pas prévu, et repartir sans mon bébé? C’est insupportable. Nous les mamans de prématurés nous avons dû attendre avant de pouvoir prendre notre enfant dans nos bras, puis une fois l’étape hospitalisation terminée il y a le retour à la maison plein d’angoisse. Comment expliquer ce sentiment d’impuissance qui ne m’a pas quitté pendant des semaines, sans oublier la culpabilité de na pas avoir pu offrir à mon fils une arrivée dans ce monde douce et pleine d’insouciance. Ces sentiments restent et resteront en moi même si aujourd’hui je suis si fière de ce grand bébé qui devient un vrai petit mec. Il est plus grand que la plupart des bébés de son âge et en avance sur pas mal de choses, comme s’il voulait prendre sa revanche. Je t’aime mon amour, mon super héros !

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2 commentaires sur “Bébé prématuré

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